Granary row in Johns Canyon

Nous retournons dans notre bien aimée Cedar Mesa pour explorer pour la première fois Johns Canyon. Stefano a un POI enregistré sur son GPS. Boostés par notre journée-découverte d’hier, nous espérons, cependant, que la chance va nous sourire une seconde fois. Le POI de Stefano se révèle être une série de greniers extraordinaires, tant par la densité que par l’architecture.

Nous quittons l’hôtel vers 7h en direction de la Kane Gulch Ranger Station, que nous passons sans nous arrêter. Je jette un regard curieux et constate que le parking longue durée est à moitié plein. Nous imaginons tous ces randonneurs au fond du Grand Gulch, sacs de backpacking sur le dos, en train de profiter de la quiétude et de la magnificence des lieux. Le parking courte durée est également bien occupé, en partie par ceux qui sont venus chercher un permis pour aller voir The Moon House. Environ 9 à 10 kilomètres après la Ranger Station, nous quittons la UT-291 pour une piste qui part vers l’ouest. Après quelques kilomètres, nous garons la voiture, non loin de là où commence une des branches du Johns Canyon, la West Fork.

Non, ce n’est pas un corbillard, c’est juste l’effet grand angle !

La naissance de la West Fork of Johns Canyon.

Pour l’instant, le canyon (oui, car The West Fork est en elle-même un canyon) est encore large et peu encaissé.

Stefano a trouvé, par hasard (mais alors vraiment par hasard), les coordonnées GPS d’un site de ruines. À partir de ce point, il a imaginé un tracé en étudiant le relief sur Google Maps. Il m’a prévenu que les coordonnées qu’il possède peuvent très bien nous mener nulle part. Ce n’est pas grave, ça fait partie du jeu, car on ne peut pas gagner à tous les coups.

Nous avons très vite repéré ce mur.  Nos yeux sont maintenant bien exercés. Nous avons d’abord été alertés par ce bloc rocheux, qui ressemble à une tête. Nous avons pu déduire de nos nombreuses explorations et trouvailles que les Native Americans étaient attirés par ce type de relief. Maintenant que nous sommes là, nous repérons, de l’autre côté du canyon, sur la paroi opposée, un, voire deux sites de ruines. La journée promet d’être magique.

Mais d’abord, nous nous concentrons sur les coordonnées que Stefano a en sa possession. Elles mènent… nulle part. Pas très surprenant, nous nous y attendions. Certaines coordonnées trouvées sur le web sont souvent approximatives, voire complètement erronées. Et c’est bien ainsi. Le plaisir de la recherche et de l’exploration fait partie intégrante de notre passion. Si c’était du tout cuit, ce serait beaucoup moins drôle.

Mais très vite, nous nous disons que les ruines doivent être un niveau plus haut. Nous continuons jusqu’au bout du petit canyon que nous avions suivi. Et bientôt, un amas de pierres nous fait un clin d’œil. Il semble bien que nous soyons sur le bon chemin car ce tas de pierre constitue une aide au franchissement d’un passage un peu tricky. Stefano s’empresse d’empiler quelques pierres de plus, histoire que j’ai une chance de passer. Malgré cela, il faudra me quand même une main aidante pour que je puisse me hisser.

D’où nous venons.

Arrivés sur le ledge supérieur, nous repérons très vite le site.

Site qui s’annonce très très prometteur.

Il faut imaginer une longue rangée de petits greniers, au style et architecture variés et dont l’état de conservation est inégal.

Il y en a une bonne dizaine, voire plus. Et non, je ne suis pas née à Marseille

C’est incroyablement beau.

Voici un joli grenier de style horse collar.

Voici le même, même sous un autre angle.

Celui-ci, rectangulaire, est encore fermé.

Quant à celui-là, la porte est encore debout, mais un des murs s’est écroulé.

Nous admirons la précision de la maçonnerie. Un véritable travail d’orfèvre. Nous aimons beaucoup les petits cailloux qui viennent consolider la boue agglomérée autour des pierres plus larges.

J’avais bien annoncé une longue rangée de greniers, n’est-ce pas ? Elle n’en finit pas.

Voici encore un des blocs de greniers. Les portes semblent intactes et sans n’avoir jamais été déplacées. Nous nous imaginons les ouvrir et trouver des pots et de la vaisselle intacts. Mais nous n’en faisons rien – bien sûr – d’abord par respect des lieux et ensuite parce que nous savons fort bien qu’elles ont déjà été ouvertes par des gens peu scrupuleux.

Zoom sur un morceau de mur.

Une anfractuosité, entre deux pierres horizontales, a vraisemblablement servi de poubelle. Haute d’environ 15 cm, elle est remplie de rafles de maïs. Si je pouvais y glisser la main et farfouiller un peu, j’y trouverais à coup sûr des morceaux de poterie et, pourquoi pas, des os de petits mammifères.

Quelques morceaux de poterie viennent compléter notre bonheur. Ce site est décidément exceptionnel.

Ooops, j’ai failli oublier celui-ci.

Nous laissons à regret ce petit coin de paradis pour reprendre notre exploration et tenter d’accéder aux ruines aperçues en venant ici.

Nous sommes bien décidés à ne pas suivre le chemin qui nous a mené ici afin de trouver un passage plus accessible. Car nous avons bien l’intention, un jour, de conduire ici nos amis Les P’tits Loups. Nous crapahutons sur le sommet de la mesa et parvenons à redescendre, easy peasy, dans The West Fork of Johns Canyon.

Autoportraits du jour

Références externes

En anglais
Peu de documentation concernant ce site.

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