Montezuma Well

Nous continuons notre virée touristique et nous rapprochons de Montezuma Well. Ce site est exceptionnel : il faut imaginer un gouffre de 120 mètres de diamètre entouré de parois calcaires et rempli d’eau. Une oasis au milieu du désert.

Nous quittons le V-Bar-V Heritage Site et 30 minutes plus tard, nous sommes au Montezuma Well. Le parking est encombré et deux school bus jaunes sont garés un peu à l’écart. Nul doute qu’en cette semaine de Thanksgiving, nous ne serons pas les seuls à visiter les parc ou monuments nationaux.

Panneau à l'entrée du Montezuma Well, une unité détachée du Montezuma Castle National Monument.

Un court sentier bétonné mène au point de vue principal.

Montezuma Well est une merveille géologique. C’est un sinkhole. Le terme français équivalent – gouffre – ne traduit pas le fait que ce gouffre est le résultat de l’effondrement d’une caverne. Il faut souligner que ce gouffre, d’une profondeur d’environ 16 mètres, est en réalité un puits artésien, ou plus précisément un puits subartésien, puisque l’eau n’est pas jaillissante. Plus de 5’600 m3 d’eau alimentent quotidiennement le puits, et ce depuis plusieurs milliers d’années. Il y a donc évidement qu’un volume d’eau équivalent qui s’évacue d’une manière ou d’une autre.

Le site est assez fermé, pour notre plus grande déception. Impossible d’aller explorer les rochers bordant le puits. Car, dans ces rochers, se nichent des ruines.

Ces bâtiments furent érigés par les Southern Sinagua, dont je vous ai déjà parlé dans mon billet précédent. Imaginez la surprise des premiers individus qui trouvèrent cet oasis au milieu du désert : une véritable manne. Les Sinagua apprirent les technique d’irrigation d’une autre tribu, les Hohokams, qui pratiquaient depuis très longtemps la culture irriguée. Deux cents Sinagua se seraient ainsi installés au bord du Wet Beaver Creek (celui-là même qui traverse le V-Bar-V) entre 900 et 1’400 après J.-C.

Quelques marches et une centaine de mètres de sentier nous amène au niveau de l’eau. Entre temps, les yellow bus ont déversé quelques dizaines de gamins vociférants. Nous observons du coin de l’œil comment ils interagissent entre eux et je dois avouer que c’est assez drôle.

Quelques ruines subsistent de ce côté également.

Les murs alentours ont été utilisés, fin des années 1800, à des fins publicitaires. Un photographe proposait de photographier les visiteurs.

A proximité des ruines, un ruisseau part, qui vide le trop-plein du puits. Très vite, le lit du ruisseau s’enfonce dans les rochers et disparaît.

L’eau du puits est à température constante, été comme hiver : entre 21 et 26 degrés. De part les propriétés particulières de l’eau comme le taux élevé d’arsenic et de dioxyde de carbone, une faune endémique s’est développée et peuple les abords du puits : des petits escargots d’eau (Montezuma Well Springsnail), des scorpions d’eau, des sangsues (Motobdella Montezuma) et des petits crustacés (Hyalella Montezuma). La haute concentration de dioxyde de carbone rend impossible la présence de poissons.

Voilà le puits, presque en entier.

Nous remontons et continuons notre visite, cette fois en descendant au bord du Wet Beaver Creek.

Ces bâtiments surplombent le Wet Beaver Creek.

Les platanes (Sycamore) ont envahi les bords du creek. C’est la première fois que nous voyons des platanes à l’état sauvage.

L’eau qui s’échappe du puits ressurgit (1) d’un trou dans la roche. Un canal d’irrigation, construit initialement par les Sinagua et consolidé et restauré par les colons, canalise cette eau pour l’emmener vers les surfaces jadis cultivées (2). Un énorme platane, dont une section du tronc est presque horizontale, domine le creek (3).

Nous repartons à la voiture chercher nos grand-angles et voici le résultat : une vue d’ensemble sur le Montezuma Well.

Vue d'ensemble grâce au grand angle, du Montezuma Well, situé près de Sedona, dans l'Arizona.

Avant de conclure notre visite, nous papotons un moment avec le couple de volontaires qui s’occupent de l’accès au parc et de l’information des touristes. Nous apprenons ainsi que, non seulement ils ne sont pas payés, mais encore qu’ils doivent acheter l’uniforme qu’ils portent (le chapeau est néanmoins « offert », et la veste gentiment « prêtée » par le NPS). La seule forme de rétribution, est une place pour leur camping-car, avec branchement d’eau et électricité.

Flore du jour

L’identification de toutes les fleurs jaunes à pétale n’est jamais facile. Rien ne ressemble plus à une fleur jaune à pétale qu’une autre. La particularité de celle-ci est ses pétales tri-lobés. Je viens de demander aux rangers du NPS de me confirmer si mon identification est correcte. Nous verrons ce qu’ils me répondent et surtout s’ils me répondent.

Bay Biscayne Creeping-Oxeye - Sphagneticola Trilobata
Bay Biscayne Creeping-Oxeye – Sphagneticola Trilobata

Autoportraits du jour

Ah ah ah… Je viens de voir la mine boudeuse de Stefano.

Références externes

En anglais

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