Chalet de la Sèche des Amburnex

Nous décidons d’aller revoir le chalet de la Sèche des Amburnex qui nous avions vu en train d’être reconstruit après l’incendie qui en 2006 l’a complètement détruit. Novembre est à la porte : les couleurs éclatantes de l’automne ont désertées. La journée s’annonce fraîche.

Nous nous garons sur le parking à du Sapin à Simeon. Un stand de ravitaillement y est dressé, entouré d’une quinzaine de personnes. Dans le pré adjacent, des vaches un peu agitées. En regardant de plus près, elles portent d’énormes sonnailles et certaines portent des coiffes.

Des hommes, bâton à la main et chemises à carreaux courent pour tenter de les rassembler. Evidemment, c’est la désalpe ! Une dame vient vers nous, alors que nous sommes en train de nous chausser. Elle nous dit que les vaches laitières sont déjà descendues mais que là, ce sont les génisses. Et que comme chaque année elles descendent le dernier weekend d’octobre.

Le parking retrouve son calme lorsque tout ce beau monde reprend la descente.

Nous partons vers l’ouest et traversons le Pré de Rolle avant de nous engager dans la forêt.

Pour l’instant le soleil est de la partie. L’air est frais et le givre recouvre le sol encore à l’ombre.

Nous rejoignons sans vraiment le rejoindre le Sentier des Crêtes. Nous sommes sur un sentier parallèle, un peu plus sauvage et moins fréquenté. Nous passons la jonction avec le sentier qui vient de la Fontaine Valier  et commençons bientôt la descente vers La Combe des Amburnex. Combe que voilà d’ailleurs…

Le mur, qui coupe en deux la Combe des Amburnex. Le chalet, visible à gauche s’appelle la Cabane de l’Écureuil.

Détail de la pierre, accolée au mur.

Nous sommes en train de remonter vers la route lorsque nous croisons un homme, une caisse en plastique lui encombrant les bras. Il nous serre la main et nous explique qu’il va préparer un parcours de ski pour l’anniversaire d’une petite fille de 10 ans. Il nous parle avec fierté de la Cabane de l’Écureuil, nous dit que nous sommes les bienvenus si d’aventure nous souhaiterions nous y ressourcer. Il nous raconte, les yeux brillants d’émotion, que la semaine dernière il s’y est passé un événement extraordinaire.  En 1943, la cabane avait accueilli un fugitif juif, blessé. Les membres d’alors l’avaient transporté à ski vers Marchissy, lui sauvant ainsi la vie. Cette histoire est ressortie lorsque quelqu’un, à Chamonix, a raconté le périple, entendu par une personne ayant manifestement participé au sauvetage. De fil en aiguille, les maillons de la chaîne se sont reconstruits et l’homme, un certain Monsieur Jacob, âgé aujourd’hui de de 96 ans, a été localisé et invité à revenir au Chalet de l’Écureuil. C’était très émouvant nous assure le monsieur. Nous le croyons sur parole. Même nous, nous avons la chair de poule. Nous le laissons à la construction de son parcours et arrivons aux Trois Chalets qui n’en sont en fait qu’un seul.

Nous suivons les contours de la Combe des Amburnex. Les murs y sont bien présents.

Le Chalet de la Sèche des Amburnex. Récemment reconstruit, à l’identique de sa version originale. Le sable nécessaire au mortier a été fabriqué comme à l’époque, en brûlant la terre végétale. Le toit est recouvert de près de 130’000 tavillons ayant nécessité pour leur pose le même nombre de clous.

Détail de la charpente, refaite à neuf en 2011.

Le toit, et ses 130’000 tavillons.

C’est ici que nous pique niquons, même s’il est un peu tôt. Et c’est ici aussi que nous ajoutons une couche de vêtement, car depuis que nous avons quitté la forêt, un petit vent frisquet nous fait frissonner.

Nous partons ensuite vers la Pierre à Écusson. C’est un refuge non gardé, placé sous la sauvegarde des citoyens. Son état laisse un peu à désirer mais en même temps, il ressemblerait à un palace si nous devions nous y réfugier lors d’une tempête de neige ou d’un gros orage.

Nous continuons vers le nord, vers Le Brassus. Nous arrivons ainsi au Refuge de la Joratte. Une voiture est garée à proximité et nous n’apercevons qu’un bout de son toit. Des voix nous découragent d’aller le voir de plus près.

L’appel du Couvert de la Sèche de Gimel ne peut rester ignoré.

Impossible de s’en lasser.

Puisque nous y sommes, nous allons voir de plus près un chalet que nous avons repéré lors de notre précédente balade.

La Chaumine, c’est son nom, est un chalet privé, impeccablement tenu et entretenu.

A partir de là, nous sommes en terrain très peu connu. Il est rare que nos pas nous mènent en ces contrées. Nous traversons la route du Col du Marchairuz.

Nous arrivons à La Meylande Dessus. C’est une première.

Non loin, un petit couvert, près d’un monticule qui répond au nom de La Plateforme. Le Mont Tendre est au bout de la crête. Stefano me dit que nous n’aurons sans doute pas le temps d’y aller. Mais à tenter une prochaine fois.

C’est plus ou moins par là que notre boucle commence à revenir vers son point de départ.

La Perrause.

Nous ignorons le sentier qui mène aux Grandes Chaumilles.

Nous quittons la piste forestière pour suivre une longue combe qui nous mène Aux Combes. Nous multiplions les arrêts, une fois pour enlever une couche, une autre fois pour la remettre. Même si nos vêtements sont censés être respirants, une bonne montée avec un soleil bien franc a tôt fait de nous mettre en sueur.

Les Combes.

La citerne, non loin.

La balade n’est de loin pas finie (il reste presque 2 heures) mais c’est la dernière photo. Ne nous demandez pas pourquoi. C’est comme ça.

Nous partons vers le Grand Cunay, puis vers les Monts de Bière Derrière. Nous prenons un sentier détourné pour arriver aux Monts de Bière Devant. Là encore, nous échafaudons des plans machiavéliques pour redonner au pâturage toute sa splendeur d’antan : incendie (involontaire bien sûr mais absolument maîtrisé), moutons et machette. Nous apercevons un renard,  au pelage roux et à la queue touffue.

Nous renonçons à aller voir le pré que j’aime tant (nous y sommes passé récemment, faut pas pousser quand même !) et repassons par un sentier caché, découvert il y a quelques semaines. Ah, j’ai oublié un petit détail : nous avons dû mettre les gants. Il doit faire un petit 3 à 5°, au maximum.

Nous arrivons à la voiture un tout petit peu avant 18h. Mes chaussures ont droit au service minimum (c’est-à-dire aucun service) et je m’engouffre dans la voiture, anticipant avec délice le moment où le siège va venir me réchauffer le dos.

Autoportraits du jour

Quelque part dans la Combe des Amburnex.

Références externes

En français

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