On our way to Needles

Nous arrivons à Canyonlands National Park, section Needles, avec un 1 jour 1/2 de retard (merci Selene) mais avons néanmoins la chance de trouver un emplacement pour planter notre tente pour les 2 prochains jours.

La tempête de neige qui s’est abattue sur le Colorado nous a volé un jour de vacances. Notre liaison Denver-Durango du 23 mars a été purement et simplement… annulée et l’aéroport de Denver fermé. Wow…

Mercredi a donc été une journée de travail habituelle tout en gardant espoir que notre vol du lendemain serait maintenu.

Nous partons de Houston IAH vers 7h30, ce qui nous vaut de nous lever… au milieu de la nuit. Mais c’est pour la bonne cause et dès les premières notes chantées par le réveil, aux alentours de 3 heures du mat’ (nous aimons prendre notre temps et surtout ne pas nous stresser) nous voici en mode bisous du matin puis, quelques minutes plus tard, en position verticale. So far so good… La liaison Denver-Durango semble être maintenue.

Arrivés à Denver, nous poirotons un peu. Seules deux gates sont ouvertes et il faut du temps à un aéroport pour se remettre en route, même après quelques heures seulement d’inactivité.

Le voyage Denver-Durango se fait dans un petit avion (mais avec des réacteurs quand même) et nous sommes livrés aux bons soins d’Alyce, une très charmante hôtesse. L’avion est aux trois quarts pleins et l’arrivée à Durango est un peu chaloupée, pour la plus grande joie de mon estomac. Je l’ai sans doute déjà écrit mais j’adore l’aéroport de Durango. Tout petit, deux portes d’embarquement, les comptoirs de location de voitures dans le même bâtiment et le parking des voitures de location à moins de 150 mètres. Nous nous voyons octroyer une Pathfinder de Nissan, un vrai 4×4. Les vacances commencent sous de bonnes augures.

Nous filons au Walmart local faire nos emplettes habituelles de début de vacances : Clif Bars, céréales, lait protéiné, bonbonne de gaz pour nos futurs dîners, lingettes humides pour nos prochaines douches…

Puis nous nous mettons en route direction Monticello puis la 211 en direction de Needles, une des trois parties qui composent Canyonlands National Park. Nos plans ont été déjoués par Selene, nom désignant la tempête de neige du moment. Initialement, nous devions arriver à Needles hier matin et nous étions forts confiants de trouver une place libre au camping, car la règle du first come, first served, autrement dit, le premier venu est le premier servi, est de mise. Là, nous allons arriver à Needles en fin d’après-midi et nous sommes dans l’incertitude. Le plan B sera de trouver une place de camping à l’extérieur du parc, dans un des camping du BLM. Nous passons Newspaper Rock sans nous arrêter (autre que pour une pause technique), conscients que le temps qui s’écoule joue en notre défaveur.

A l’entrée du parc, un panneau annonce Campground Full. Crapouille ! Nous tentons néanmoins notre chance : peut-être qu’un enfant malade a forcé ses parents à partir, laissant ainsi une belle place libre pour les Two Swiss Hikers ? Quoi ?  Ce n’est pas très catholique de notre part d’avoir eu cette pensée ? Tant pis, j’assume… Mais catholique ou pas, pas de place libre. Nous faisons donc demi-tour, la mort dans l’âme, regrettant notre magnifique spot d’il y a deux ans.

En passant devant l’entrée du Needles Outpost, juste à la sortie du parc, Stefano me dit : on essaie ? Pourquoi pas… même si leur site web affichait complet il y a quelques jours, peut-être que là, un bambin a attrapé la rubéole (je rappelle que la rubéole est une maladie infantile bénigne et qu’espérer qu’une fillette l’attrape ne peut être que bénéfique pour ses maternités futures) obligeant ses parents à rentrer à la maison.

Je me porte volontaire pour aller vérifier, n’espérant rien d’autre qu’une réponse du style (je la fais en français, plus facile) : mais ma brave dame, nous sommes à la veille d’un week-end de Pâques et il y a belle lurette que tout est réservé… le tout dit avec un air condescendant irritant à souhait. Et bien non… le monsieur qui m’accueille commence à farfouiller dans un cahier et me montre un emplacement, le 25, non stabylobossé sur une carte sommaire du camping. Il y a un emplacement de libre, me dit-il. Mais ce n’est pas le meilleur… Néanmoins, je ne suis pas certain qu’il soit libre. Allez jeter un coup d’œil. S’il est vide, il est à vous. Je saute de joie, file à la voiture et guide Stefano jusqu’au fameux emplacement no 25. Personne… Vide. Je retourne en galopant à la réception et réserve la place pour 3 nuits. Je suis tellement contente que je dis au gars : can I give you a hug? Lui, bonhomme, se laisse serrer dans mes bras avec résignation.

En réalité, l’emplacement 25 est loin d’être si mauvais que ça. Rien n’obstrue notre vue et nous avons en face de nous les aiguilles de Needles. Non négligeable également, les toilettes sont à une cinquantaine de mètre.

Derrière nous, un tipi et des cailloux rouges.

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Le ciel s’est partiellement dégagé et le soleil nous éclaire, même s’il est passé 18 heures. Nous montons la tente en t-shirt, euphoriques. Même Stefano s’y met. Are you an effective team? Yes, we are.

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Nous faisons bouillir de l’eau dans ma toute dernière acquisition : ma casserole magique Sea to Summit ultralégère, pliable, en plastique, à part le fond en alu. Au menu du jour : Santa Fe Rice with Chicken et pomme au dessert, coupée avec mon Opinel made in Chambéry, Savoie et acheté chez REI. J’en avais marre de porter mes 227 grammes de couteau suisse. 43 grammes contre 227…

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Nous restons là un moment, à apprécier la chance que nous avons et à regarder le soleil descendre tout doucement vers l’horizon. Nous avons depuis longtemps enfilé nos vestes, les rayons du soleil ayant perdu très vite leur intensité. Il doit faire 5° maintenant, tout au plus.

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Il est à peine un peu plus que 20 heures lorsque nous investissons notre palace. Sur l’emplacement à côté du nôtre, des Californiens ont allumé un feu de camp et discutent tandis que les enfants jouent et rigolent. Nous sombrons dans une douce torpeur, dont nous sortent quelques fois les éclats de rire de nos voisins. Stefano dira : ils profitent de la vie. Oui, c’est bien vrai.

Autoportraits du jour

Denver, en attendant notre avion.

Denver International Airport - Denver - Colorado

Au Needles Outpost, après le dîner.

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Bonne nuit, les petits !

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Références externes

Site officiel du camping de Needles Outpost (réservations en ligne)

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