L’Anémone

Direction les contreforts du Mont Tendre pour aller découvrir un chalet privé, L’Anémone, aperçu il y a quelques semaines. Et puisque nous y sommes, nous faisons quelques provisions de photos pour compléter nos galeries de chalets.

Nous laissons la voiture en peu en contrebas de la Fontaine Froide, au parking de la Grande Rolat. Le parking est quasiment vide. Nous sommes loin des foules des dernières semaines.

Un radar, stratégiquement placé au début d’une longue ligne droite, calme les motos et autres bolides. Le mot semble s’être donné car les véhicules, qu’ils soient à deux roues ou quatre roues, ralentissent bien avant. J’imagine qu’il a eu son heure de gloire et reste là encore quelques jours histoire de surprendre ceux qui ne seraient pas abonnés au bon site.

Pour nous, aucun risque. Tels de bons suisses respectueux, nous ne dépassons jamais les vitesses autorisées.

Nous partons en direction de La Plateforme.

L’herbe, bien grasse, n’attend plus que le bétail. Nous entendons au loin quelques tintements de clarines. Le bétail est donc là.

Le troupeau est affalé de part et d’autre du sentier. Nous baissons la tête, rentrons les épaules et passons en regardant nos chaussures. Le tintement des clochettes ne s’accélère pas, ce qui est rassurant.

La Plateforme.

De là, nous filons vers La Meylande, histoire de voir si nous aurons plus de chance que la dernière fois. Nous espérons la trouver déserte.

Aller vers La Meylande revient à retourner vers la route. Nous laissons donc derrière nous La Plateforme et les crêtes du Mont Tendre.

Une Cactus rouge est garée devant le chalet mais suffisamment loin pour ne pas nous gêner.

Ca, c’est fait !

Nous suivons la route qui, de La Meylande part vers les Petites Chaumilles.

La barrière qui sépare les deux pâturages. Faite de tuyaux de plomberie. Stefano, qui a travaillé durant son apprentissage sur les chantiers, m’explique que le filetage était souvent fait sur place, à l’aide d’une filière. Je me coucherai moins bête ce soir.

Le chien des bergers (chien qui avait tenté de nous faire peur l’année passée et qui, d’ailleurs, avait presque réussi) nous entend venir. Il commence à aboyer avant même de nous voir.

Le mur de pierre sèche, que nous avons vu en construction à l’automne passé, est terminé.

Le chalet  La Casamie est ouvert mais désert.

Le chalet suivant, qui n’a pas de nom, est également ouvert. Une personne lit alors que l’autre allume un feu. Nous apprenons ainsi que ce chalet n’a pas vraiment de nom mais qu’on parle de lui en disant Petit chalet en comparaison avec le grand chalet qui n’est autre que La Casamie. Une des dames nous dit que ce chalet appartient à ses grands parents paternels alors que La Casamie à ses grands parents maternels (ou vice versa – mais c’est une histoire de famille).

Le Petit chalet.

Nous en profitons pour « voler » une photo de la cuisine : une cuisinière à bois et des ustensiles et casseroles, bien rangés.

Avant de continuer plus loin, un petit détour par la cabane Bois Gentil.

Une plaque de bois ronde, fixée sous l’avant toit, montre : CSFA – VAL de JOUX. Nous nous posons la question sur la signification de CSFA. La réponse est Club Suisse des Femmes Alpinistes. Oui, les femmes étaient persona non grata au Club Alpin Suisse. Certaines sections leur en interdisaient purement et simplement l’accès. Lasses de se faire rembarrer, elles fondèrent le Club Suisse des Femmes Alpinistes le 27 février 1918. Le CAS et le CSFA fusionneront en 1980.

Nous continuons sur la route qui serpente tout droit, en alternance dans le bois du Croton et le Grand bois. Nous sommes à l’ombre et il fait frais. Presque froid.

Ce panneau confirme ce que Stefano a vu pas plus tard qu’hier sur une carte des années 1950. A cette époque, les Petites Chaumilles et Le Croton s’appelaient respectivement les Petites Chaumilles Dessus et les Petites Chaumilles Dessous. Le changement eut lieu en 1956.

Les limaces noires envahissent la route. Des escargots également. Escargots que je prends délicatement pour les déplacer sur le côté, à l’abri d’un pneu de voiture, de vélo ou d’une semelle de chaussure.

Le soleil décide de se cacher lorsque nous arrivons au couvert du Poêle chaud. Quelques nuages noirs nous font craindre le pire.

Encore un vieux panneau.

Notre espoir de trouver le chalet Mon Petiot ouvert est vain. Nous aurions tellement aimé dire aux propriétaires combien leur chalet est adorable.

La Chanterelle est également fermée.

Les volets de L’Arbalète sont ouverts mais nous ne voyons ni voiture ni humain.

Après Les Quatre Puits, nous montons vers le Petit Croset.

Un groupe de cavaliers est attablé. Ils bouclent une balade de quatre jours.

La citerne du Buron.

Si nous commençons bien à connaitre le coin, il nous est difficile de nous rappeler précisément du nom des chalets. Entre Petit Croset, citerne du Buron et Croset du Buron, difficile souvent de savoir qui est quoi.

Entre la citerne du Buron et le Croset du Buron.

Le Croset du Buron.

Le pâturage. Nous ne sommes pas très loin du Mont Tendre. On voit ses crêtes, au fond.

Passage de barrière ouverte. Elle est coincée avec une pierre.

Nous arrivons au couvert du Grand Essert du Vent. Pas facile à retenir non plus, ce nom-là. La dernière fois que nous y sommes passés, il y avait encore de grandes plaques de neige.

Au chalet du Grand Essert, Monsieur et Madame prennent le soleil. Madame tricote tandis que Monsieur lit, ce que je pense être un verre à la main. Jeannot Lapin les regarde faire.

A l’entrée, un barbecue qui a vu des jours meilleurs attends qu’une âme charitable le mène à la déchetterie.

Nous arrivons à ce que nous avons appelé longtemps de façon erronée le chalet Les Bioux. Les Bioux, c’est en fait un village dans la vallée et ce chalet appartient à ce village, en témoigne une planche de bois gravée Les Bioux, celle-là même qui nous a induit en erreur (et non pas enduit d’erreur, comme disait l’autre).

Ce chalet s’appelle en réalité la cabane des Saules. Et c’est là que nous nous posons un moment pour le pique-nique.

C’est après le déjeuner, alors que le sang afflue vers l’estomac et déserte les jambes, qu’arrive la première montée du jour.

Je ne pense pas que Stefano et moi soyons faits du même bois. Entre deux halètements (bon j’exagère un peu, mais si peu) je l’entends chantonner. Il fait la conversation, heureusement sans attendre de réponse de ma part.

Nous retrouvons le plat en arrivant à La Racine. Nous faisons un détour par L’Églantier.

Rien que sur cette photo, prise depuis L’Églantier, je dénombre pas moins de 6 murs différents.

Au chalet Les Grands Crosets Dessus, une feuille affichée sur la porte de la grange rappelle aux touristes les principes de base de la politesse et du respect de la propriété d’autrui.

En voici un extrait. Ces sont des choses tellement évidentes qu’il est regrettable de devoir les écrire.

Ordures ; il semblerait normal que les déchets et restes de pique-nique soient remportés pour être jetés à la poubelle chez soi. BOUTEILLES, BOITES DE CONSERVES, ARTICLES EN PLASTICS, ET TOUT AUTRES DECHETS.

Ou encore, un peu plus loin :

Le chalet d’alpage est la demeure du berger (vacher), on y doit le même respect que dans votre propre entourage. Forcer l’entrée de ces habitations est un affront à l’hospitalité des montagnards. Les étables ou cabanons ne sont pas des WC.

Nous restons rêveurs…

Le chalet.

Descente vers notre objectif du jour.

Le voilà. C’est le chalet privé L’Anémone, à la jolie porte bleue.

Le sentier nous amène juste derrière le refuge du Bois Carré.

Alors que nous descendons vers Les Grandes Chaumilles, nous dépassons un vieux monsieur. Il marche à petits pas, une canne à gauche, un bâton de marche à droite. Il nous demande si nous sommes allés voir les gentianes du Grand Cunay. Car les Gentianes des Alpes commencent à sortir nous apprend-il. « J’ai 90 ans et je redescends au village », nous dit-il fièrement. Nous sommes admiratifs, car le prochain village n’est pas à moins de 6 km.

Comme c’est rare que nous puissions nous approcher de la porte, nous en profitons pour publier cette photo.

Plutôt que de rentrer par le Pré de Denens, nous préférons passer vers La Perrause pour aller voir les marmottes. A La Perrause, nous discutons un moment avec le berger des lieux qui achève de préparer la saison. C’est un agriculteur de la vallée, mais pas un combier. Ce sera sa première saison ici. Il nous parle de l’occupation des sols par les grandes entreprises horlogères de la vallée qui « mangent » petit à petit toutes les surfaces.

Les marmottes sont bien là, mais très timides. Voilà notre maigre butin.

Nous rejoignons La Plateforme et bouclons la boucle.

Ginette, la petite vachette de La Plateforme. Un peu timide. Pas très câline.

Le radar est toujours là et étonnamment personne n’a sprayé les ouvertures. Nous regardons un moment les motos et autres voitures ralentir sagement puis accélérer en pétaradant sitôt qu’ils sont à bonne distance.

Flore du jour

Compagnon Rouge - Silene Dioica
Compagnon Rouge – Silene Dioica
Centaurée des Montagnes - Centaurea Montana
Centaurée des Montagnes – Centaurea Montana
Bugle Rampante - Ajuga Reptans
Bugle Rampante – Ajuga Reptans
Trolle d'Europe - Trollius Europaeus
Trolle d’Europe – Trollius Europaeus

Itinéraire du billet

C’est ici et c’est chez Suisse Mobile.

Autoportraits du jour

A la cabane des Saules.

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À propos de Marie-Catherine

Randonneuse, blogueuse et photographe amateur chez Two Swiss Hikers.

En phase de préparation de voyage, je m'occupe du choix voire de l'achat du matos et organise les bagages. Ma principale activité consiste à me réjouir des vacances qui arrivent ! Je deviens plus active au retour : il faut trier les photos (et des photos, il y en a...) et rédiger les billets de ce blog.

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