La Roche Bernard

Nous passons le week-end au Brassus afin d’aller explorer les forêts cantonale et communales du Grand Risoud, et les dizaines de refuges qui y sont éparpillés. Le tracé préparé par Stefano fait même une incursion en France, dans le Doubs.

Parce que Le Brassus est très très loin, nous avons dû nous lever très très tôt, à 6h30. Pour partir à un peu avant 9h et arriver au Brassus un peu après 9h30. Ouf. Quel long voyage !

Nous voici prêts à partir, garés près du temple, à quelques mètres de l’Hotel de la Lande où nous dormirons ce soir.

Non loin, un gigantesque chantier Audemard-Piguet pour la construction de l’Hôtel des Horlogers. Ça va être beau.

Nous partons en direction de La Thomasette. En passant, nous apercevons un bâtiment où est inscrit : Champ du Repos, qui n’est autre que l’entrée du cimetière. Mignon.

La route n’est pas trop fréquentée mais nous nous faisons la même remarque : si les combiers sont bien sympathiques (ils nous saluent tous d’un signe de main ou de tête), ils n’en demeurent pas moins des Fangio, leur pied droit solidement enfoncé sur l’accélérateur.

Juste après avoir passé La Thomassette. Au fond, à gauche, cette grande ferme s’appelle La Moësetta.

Ah, j’ai oublié de vous dire. Ce matin, il pleuvait à Prangins. Ici, nous voyons les nuages résiduels.

Un petit couvert, juste après avoir dépassé une grosse bâtisse Les Grandes Roches, une colonie de vacances, fermée pour cause de Covid.

Stefano, loin sur le chemin, pendant que je me bagarre avec le téléphone que m’a prêté un gentil collègue de travail. Entre le soleil, ma vue qui n’est plus ce qu’elle était (snif !), des fonctions qui s’affichent via des icônes microscopiques et mes gros doigts, j’vous jure, c’est pas gagné.

Nous sommes joyeux et heureux. Nous avons deux jours de randonnée devant nous, dans un coin que nous ne connaissons pas. Depuis mercredi, je me réjouis de ces mini vacances. Comble de bonheur, il ne fait pas trop chaud et le beau temps semble installé pour quelques jours. Même si la pluie de ce matin nous a effrayés.

Nous arrivons au Pré Derrière, un chalet désert, au magnifique pan de toit recouvert de tavillons.

La charpente est très certainement d’origine.

Nous sommes dans la forêt du Grand Risoud, la plus grand forêt d’Europe d’un seul tenant.

Samuel Aubert, professeur et botaniste combier (1871 – 1955), écrivit les mots suivants dans les bulletins mensuels du CAS section Val de Joux, no 2 et 3 de 1950 :

La forêt du Risoud est une conséquence du décret de 1646 de leurs Excellences de Berne signifiant : « que pour des motifs de stratégie militaire et pour faciliter la défense du Pays de Vaud, il serait laissé une bande de terrain boisé sur toute la limite de la Franche-Comté ». C’est cette bande, élargie par la suite vers le bas, qui est devenue avec le temps la splendide forêt du Risoud, objet de l’admiration de tous ceux qui lui rendent visite.

Les panneaux jaunes, aussi nombreux ici que de l’autre côté, affichent des noms peu familiers.

Nous arrivons au refuge de La Barre, au bois bien rangé.

Après un peu moins de 3 km, nous quittons la route pour aller voir un autre refuge au nom un peu décalé.

Décalé ? Oui. Clairement. Voici le refuge de La Gare du Nord.

Malgré sa fenêtre au carreau de verre fendu, il a été rénové il n’y a pas longtemps. L’intérieur est propret et le coup de balais qui manquait au refuge de La Barre a été soigneusement donné.

Tout près, un rocher décoré.

Nous passons de routes goudronnées en pistes forestières, au gré de tracé de Stefano. Nous papotons de chose et d’autre. Le temps file. Il est déjà midi.

Deux traits bleus dessinés sur deux troncs d’arbre.

Un mur qui semble tout droit sorti d’un livre de Tolkien

Et nous voilà en France, où le système de balisage des sentiers ne ressemble en rien à nos panneaux jaunes.

Pour le reste, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Stefano chantonne : « Douce France, cher pays de mon enfance… ». Petit à petit, les paroles changent, y intégrant, ô surprise, des lapins, du foin et des indiens.

Les arbres tentent de se camoufler, comme les indiens justement !

Nous arrivons à La Roche Bernard.

De là, nous avons un magnifique panorama sur deux petits lacs, à gauche le lac de Bellefontaine et à droite le lac des Mortes.

Le grand angle de mon Mi Note 10 fait des miracles ! Merci Jonjon

Stefano me montre la langue de terre qui sépare les deux lacs. « Il y a un sentier là-bas, et nous allons y aller », dit-il.

La descente est tout sauf sympa. C’est une espèce de route caillouteuse qui descend tout droit, sans aucun charme.

Au pied de la pente, un pré où le bétail n’est pas venu depuis longtemps, si on en juge par la hauteur des herbes.

Évidemment, lorsque nous arrivons à proximité des lacs, un gros nuage a décidé de nous enquiquiner et de se poser devant l’astre solaire.

Le lac de Bellefontaine.

Là, nous sommes entre les deux lacs. Un panneau indique que les lacs ne sont pas réciprocitaires et que le brochet doit mesurer au moins 60 cm pour être pêché.

Un petit sentier, composé de deux planches de bois posées sur des plots, garde nos pieds au sec et surtout empêche que nous abîmions la prairie.

Nous y trouvons un petit air d’abord de bayou. Là, le lac des Mortes.

En remontant sur la route, nous trouvons 3 jeunes gars en train de pique niquer. Parti de Montbéliard (Doubs), ils rejoignent Culoz (Ain) par l’itinéraire de la Grande Traversée du Jura.

L’un semble intéressé à découvrir la côte vaudoise. A sa demande, nous prodiguons moult conseils.

Bon, on va où ?

En arrivant à La Madonne.

Notre prochain objectif : La Roche Champion. Aïe, ça va monter me prévient Stefano.

Je trouve ce marquage très fun.

La montée tient toutes ses promesses.

Nous nous faisons dépasser par une dame aux cheveux gris, qui monte à un train d’enfer. Je la regarde marcher allègrement, un peu envieuse… Dans une autre vie, peut-être.

Le sommet est pris d’assaut. Des parents s’amusent à se faire peur en laissant leur bambin de deux ans courir tout près du bord. Nous ne restons pas et descendons en direction du chalet Capt où nous espérons bien pouvoir – enfin – pique-niquer.

Une Fiat Panda garée devant nous fait craindre inutilement le pire. Personne n’occupe ni la table de pierre, ni les bancs.

Le Chalet Capt, un ancien poste de gendarmerie, est incroyable.

Nous enlevons chaussures et chaussettes, histoire de laisser respirer nos petons. Il est 16h.

A partir de là, nous commençons à penser au retour. Retour qui se fait en suivant la route, tranquillou, fignolant les paroles de nos chansons sans queue ni tête.

Petit détour à La Fougère.

Une vache tigrée.

En arrivant à La Thomassette, nous ne pouvons ignorer un monument, isolé par des fils électriques, au milieu d’un pré.

C’est la tombe d’un soldat français inconnu, visiblement un rescapé de la guerre franco-allemande de 1870-1871, interné en Suisse suite à la déroute de l’armée de l’Est de Bourbaki et mort à priori au Brassus.

Nous arrivons au Brassus un peu avant 18h et prenons possession de notre chambre, à l’Hôtel de La Lande. Nous y retrouvons la même personne que l’année passée. Un homme à tout faire, terriblement efficace et affable. Douchés, nous redescendons pour déguster une pizza fromagère (tomme et reblochon) accompagnée de 5 déci de bière blanche. De quoi requinquer des randonneurs fatigués. A 8h30, fidèle à mes habitudes de vacances, mes yeux se ferment. A 9 heures, les lumières s’éteignent.

Flore du jour

Près du lac des Mortes. Identification en cours.

Itinéraire du billet

C’est ici et c’est chez Suisse Mobile.

Autoportraits du jour

La Roche BernardFascionn, dirait Stefano.

Au chalet Capt.

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À propos de Marie-Catherine

Randonneuse, blogueuse et photographe amateur chez Two Swiss Hikers.

En phase de préparation de voyage, je m'occupe du choix voire de l'achat du matos et organise les bagages. Ma principale activité consiste à me réjouir des vacances qui arrivent ! Je deviens plus active au retour : il faut trier les photos (et des photos, il y en a...) et rédiger les billets de ce blog.

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