Chalet à Roch Dessous

Retour au Chalet à Roch Dessous après plus de 8 ans. Mais le but n'est pas une fin en soi. Nous faisons une belle boucle, à l'aller plutôt dans le forêt et au retour par les pâturages. Le point fort de notre randonnée est la rencontre avec les propriétaires du chalet Le Fossile.

Bis repetita placent. Nous garons la voiture au même endroit qu'hier. Enfin presque, car notre place d'hier a été prise. Mais l'objectif du jour est différent : il s'agit de retourner voir le Chalet à Roch Dessous, tristement mis à ban il y a fort longtemps. Notre seule et unique visite à ce chalet date du 5 juin 2011.

Nous marchons allègrement, tout heureux de pouvoir sortir deux jours de suite. La canicule arrive pour cette semaine mais aujourd'hui les températures sont encore agréables.

Nous trouvons un petit raccourci qui nous mène encore plus vite en vue du Couvert de la Sèche de Gimel.

Les vaches entourent le couvert.

Zut, aujourd'hui le drapeau flotte au chalet Ma Chaumine. Dommage que nous n'ayons pas prévu de nous en approcher.

Nous suivons la piste qui suit le mur qui entoure la sèche.

Ce mur est amoureusement entretenu.

Nous sommes toujours surpris des moyens financiers alloués à la sauvegarde du paysage. Car là, on parle vraiment de sauvegarde. Une clôture de fil de fer barbelé aurait exactement la même fonction.

Nous arrivons sur le sentier qui mène au Ranch de la Pierre à Lièvre. C'est là qu'un jour une fourmi a tenté de me dévorer la jambe ! Le souvenir est encore cuisant et Stefano ne manque pas de mentionner cette attaque furieuse, un petit sourire espiègle aux coins des lèvres.

Nous, lorsque nous serons baliseurs officiels de sentier, jamais nous ne massacrerons un petit panneau jaune d'une telle manière...

Le Ranch de la Pierre à Lièvre est désert et nous poursuivons donc en direction du Chalet à Roch Dessus.

Repérés... Le guetteur nous a repérés.

Le Chalet à Roch Dessus, toujours tip-top et bien entretenu : rien ne traîne devant, et tout est propre en ordre.

Les vaches n'ont pas bronché. Ouf, personnellement je préfère être ignorée qu'approchée.

Aujourd'hui, les deux chalets privés à proximité sont également fermés.

À partir de là, nous sommes presque certains de marcher en terrain inconnu. Nous suivons la route qui descend du côté de la Vallé de Joux.

Décidément, le berger du Chalet à Roch Dessus est un artiste amoureux de la nature.

Nous refermons la barrière et 400 mètres plus loin, descendant sur une piste forestière tout à fait carrossable, nous arrivons en vue du Chalet à Roch Dessous.

Là encore, c'est la surprise, car les herbes ont été fauchées pour permettre l'accès à la porte.

Mais nous n'avons aucune doute : il est toujours désaffecté. Par contre la porte, non verrouillée, se laisse ouvrir facilement.

Le chalet est maintenant un refuge.

L'étable, toute propre, peut sans problème servir de dortoir.

Sur les murs de la salle où se trouvent table et chaises, des affiches de Buffalo Bill. Nous ne sommes pas fans de cet homme massacreur de bisons et d'indiens même si les convictions de son père, fervent anti-esclavagiste, ont presque coûté la vie à ce dernier.

Mais comme c'est un peu anachronique et insolite, en voici une photo.

Pendant que je suis assise dans l'herbe à manger mon sandwich, Stefano fait le tour du propriétaire. Stefano, lui, ne s'assied jamais et mange en marchant.

Nous remontons sur la route et avons une errance plus ou moins contrôlée dans la forêt. Nous rebroussons chemin à plusieurs reprises, en raison de zones rocailleuses, où les rochers affleurent entre fougères et myrtilliers, cachant potentiellement des trous.

Ayant retrouvé un sentier marqué sur la  carte, ça devient plus facile et nous retrouvons la route qui nous mène à la Place d'Armes. Une affiche indique qu'il y a une exposition d'aquarelles au Chalet des Begnignes. L'offre est suffisamment inhabituelle pour que nous décidions d'aller y jeter un coup d’œil.

De là, nous descendons vers La Petite Chaux...

et nous nous promettons, au retour du Chalet des Begnines, d'aller voir de plus près ce petit couvert.

Aux Begnines, nous sommes attendus : non pas par le peintre mais par les génisses. Heureusement, un fil électrifié contrôle leur velléités à nous approcher.

La porte fermée (que nous n'essayons pas d'ouvrir) nous fait renoncer à la visite.

Tans pis, nous profiterons du temps gagné pour aller voir deux chalets privés sis non loin.

Ça c'est de la génisse... En plus un peu timide, ce qui ne gâche rien.

Le premier chalet est un chalet que nous avons aperçu lors de notre dernier passage. C'est donc une découverte. Il s'appelle Les Cytises. Nous apprendrons ultérieurement que le cytise (Aburnum Alpinum) est un arbre du coin, caractérisé par ses longues grappes de fleurs jaunes au printemps. D'où le nom populaire de Pluie d'or qu'on lui donne parfois.

Il jouit d'une magnifique vue sur la chaîne des Alpes.

En regardant d'un peu plus près la photo ci-dessous, on peut voir que,  des branches de l'arbre, au dessus du toit, pendouillent des tiges : ne seraient-ce pas les tiges qui auraient porté ces grappes de fleur jaune. L'arbre serait-il donc un cytise ? Nous nous promettons de revenir au printemps prochain vérifier cette théorie.

Alors que nous redescendons sur la route, nous remarquons une voiture garée sur l'emplacement réservé à un autre chalet privé. Il est donc occupé. Une excellente occasion d'aller faire connaissance des propriétaires et surtout leur demander si leur chalet à un nom, malgré l'absence de plaque.

Lorsque nous arrivons, un couple d'un âge certain (lui à 87 ans et elle 81) est assis sur un banc, contemplant la magnifique vue qui s'offre à eux. Nous les sortons dans leur contemplation lorsque, après les avoir salués, Stefano leur demande si le chalet à un nom. L'homme se lève et répond. Il s'appelle Le Fossile, en raison des nombreux fossiles qui se trouvent dans la région. La conversation s'engage. Ils sont charmants. Après avoir passé beaucoup de temps au chalet Les Cytises appartenant à des amis, en 1964, ils décidèrent de construire le leur. C'était juste avant que les communes n'autorisent plus ce type de construction.

Pendant que Stefano discute avec la dame, j'ai droit à une visite guidée de l'intérieur. Le monsieur est très fier de leur accomplissement et je peux le comprendre. Tout a été construit de leurs propres mains et tout y est : une kitchenette avec de l'eau courante, une cave pour garder les aliments au frais et une cuisinière à bois. Un petit poêle pour la pièce principale éclairée par une magnifique lampe à pétrole en céramique qui ferait le bonheur d'un brocanteur. Une échelle raide mène à la chambre à coucher. La dame nous avoue qu'elle ne dort plus ici. Nous pouvons la comprendre car la montée / descente de l'échelle doit être problématique. Elle le serait même pour nous qui devons nous lever deux à trois fois par nuit pour des besoins physiologiques.

Ils nous assurent que le paysage n'a pas énormément changé depuis ces dernières 50 années. Ce qui nous rassure, nous qui avons toujours l'impression de voir se rétrécir les pâturages, faute aux jeunes pousses de sapin qui ne cessent de d'émerger ça et là.

Nous les quittons à regret, les laissant à leur rêverie.

Pour le retour, Stefano a prévu de suivre le sentier qui passe au fond de la combe, ce qui nous amènera au fameux couvert.

Mais qui dit passer au fond de la combe dit passer dans le pâturage où paissent les génisses. Génisses qui ne manquent pas de nous repérer et arrivent en galopant. Le schéma vécu précédemment se reproduit : 1/ elles arrivent en courant 2/ nous nous retournons un peu affolés par la masse et distribuons quelques caresses 3/ lorsque nous nous remettons en route, elles nous suivent avec grand enthousiasme, parfois avec quelques bousculades et galopades.

Stefano, en plein standoff, tente de les calmer.

Ce qui marche assez bien tant que le main est tendue mais n'a plus d'effet lorsque nous tournons le dos pour reprendre la marche.

Les génisses dépassent en galopant, sans doute pour mieux nous attendre au couvert.

Comme elles occupent les abords de la barrière, nous escaladons à contrecœur le mur pour passer de l'autre côté.

Nous rejoignons le sentier qui descend vers les deux Rionde.

Nous trouvons d'abord le couvert dédié à 100% à la fonction de cueilleur d'eau : aucune vache ne peut s'y abriter car une grande citerne occupe tout l'espace. Une pompe, alimentée par un panneau solaire, amène l'eau dans le réservoir en plastique qui la libère dans l'abreuvoir.

Passage du mur entre le pâturage de la Rionde Dessus et le Pré aux Veaux.

Lorsque nous arrivons au Chalet du Pré aux Veaux, la buvette est en train de fermer.

Il y a eu un mariage hier soir et le personnel est content de pouvoir rentrer chez lui après une longue soirée terminée à l'aube. Néanmoins, le tenancier ne rechigne pas à nous servir un jus de pomme en nous disant de laisser les verres sur le bord de la fenêtre car eux vont partir d'ici quelques minutes. Nous avons donc la terrasse pour nous tout seuls.

Une vieille citerne, toujours en fonction.

Le magnifique mur de pierre sèche qui sépare le pâturage du Pré aux Veaux de celui des Trois Chalets.

Aux Trois Chalets (à noter que sur la carte de la confédération suisse, le lieu est noté Trois Chalet - chalet sans "s" donc), le générateur est en route : c'est l'heure de la traite.

Nous ne nous approchons pas et prenons la direction de la Cabane de l’Écureuil.

Alors, ce joli mur tout droit, est celui qui délimite le pâturage du Pré aux Veaux de celui des Amburnex.

Nous faisons un léger détour pour aller voir le Chalet de la Sèche des Amburnex.

Le Chalet de la Sèche des Amburnex avec son magnifique toit recouvert de tavillons.

Trouvant que nos contacts avec les génisses ont été suffisants pour la journée, je demande à Stefano de contourner le troupeau d'autant que, non loin, des vaches allaitantes nous regardent : je trouve leur regard un poil mauvais.

Au passage, nous remarquons que les génisses portent toutes des marques bleues.

Notre échappée...

En arrivant à la Sèche de Gimel. Au loin, des génisses agglutinées autour d'un point d'eau.

Là, nous n'avons pas la possibilité d'y échapper. Une fois de plus nous sommes l'attraction du jour. Une magnifique génisse de race brune, particulièrement entreprenante, nous suit sur quelques centaines de mètres. Elle nous emboîte le pas, comme un chien le ferait.

Une génisse, c'est gérable. Nous profitons donc de cette nouvelle amie qui se laisse caresser à condition qu'elle puisse lécher nos chaussures...

Nous devons nous séparer lors du passage du mur. Les adieux sont déchirants !

Nous restons à bon moment, de l'autre côté de la barrière, à lui parler et à la caresser. Au-revoir, joli vachette !

Et comme le sentier passe par L'Intercommunal, nous gaspillons quelques pixels.

Arrivée à la voiture esseulée sur le parking à 19h21. Balade facile aujourd'hui tant par le dénivelé (- de 500 mètres) que par la distance (à peine + que 20 km). Nous sommes enchantés de notre rencontre avec les propriétaires du chalet Le Fossile.

Itinéraire du jour

C’est ici et c’est chez Suisse Mobile.

Note : Stefano a nettoyé le tracé afin d'en éliminer nos errances dans des endroits potentiellement dangereux (trous ou cavités).

Flore du jour

Centaurée Jacée - Centaurea Jacea
Centaurée Jacée - Centaurea Jacea
Centaurée Jacée - Centaurea Jacea
Centaurée Jacée - Centaurea Jacea
Cirse Acaule - Cirsium Acaule
Cirse Acaule - Cirsium Acaule

Autoportraits du jour

Au Chalet à Roch Dessous.

Au chalet Les Cytises.

Références externes

 

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