Les Servans

Notre première sortie de l’année 2018 avec le Mont Tendre pour objectif. Même si les crêtes sont pelées faute au vent et surtout à la pluie, la neige est encore abondante. Notre boucle ressemble à un spermatozoïde, orientée sud-ouest vers nord-est. Nous faisons un détour par la Cabane du Rocher, refuge microscopique appuyé sur une falaise.

La tempête Eleanor a durement touché la Suisse. Outre des pluies torrentielles, les vents violents (parfois jusqu’à 200 km/h) ont malmenés arbres, poteaux électrique et toitures.  Il a plu sans discontinuer depuis lundi passé. Nuit et jour ou jour et nuit, c’est selon. Hier, vendredi, la pluie s’est arrêtée et c’était tout bizarre d’aller au travail sans mettre les essuie-glaces en route, avec une visibilité de plus de 200 mètres.

Aujourd’hui, soleil annoncé en montagne. Le seul jour de la semaine où il va faire beau. Nous espérons trouver quelques restes de neige et pouvoir marcher avec nos raquettes. Car nous avons une mission : tester nos nouvelles chaussures spécialement achetées pour cette discipline. Nous avons essayé les Lowa Renegade mais elles s’avèrent être beaucoup trop souples. Les Salomon Quest 4D sont un peu plus rigides mais pas vraiment imperméables malgré la membrane Gore-Tex et un traitement imperméabilisant supplémentaire. Nous avons terminé notre dernière sortie avec les pieds et les chaussettes trempés. Sans doute aussi faute à la qualité de la neige, très mouillée à cause de la pluie et des températures trop douces. Nous avons tous les deux opté pour chaussure de backpacking, des Lowa modèle TICAM II GTX pour monsieur et  LAVENA II GTX pour madame. Ce sont des chaussures suffisamment rigides pour pouvoir être équipées de crampons à lanière. Et la cerise sur le gâteau, elles sont faites en Allemagne.

A 11h26, nous voici prêts à partir, la THS mobile garée sur le parking du col du Marchairuz.

Nous prévoyons déjà plusieurs arrêts pour ajuster le laçage des chaussures.

Voici le départ du sentier. Bonne surprise : la neige est là, en quantité. Le soleil un peu moins, mais nous avons bon espoir.

Les effets de la tempête Eleanor sont visibles. La neige est recouverte de branches, de cônes de sapins et d’aiguilles.

Cette fois, pas de détour, nous rejoignons directement les Monts de Bière Derrière.

Les trous de ciel bleu commencent à se former

Nous continuons sans attendre en direction de Pierre à Coutiau. Il semble bien que le Mont Tendre soit l’objectif de la journée.

Le couvert, entre le Grand Cunay et les Monts de Bière Derrière. Le sapin à proximité n’a pas résisté au charme d’Eleanor.

Nos pas sont guidés par les bandes de neige qui subsistent.

Le Grand Cunay.

Devant la vue qui s’offre à nous, à savoir des pans de montagne pelés, nous préférons rester dans la forêt, sur le flanc nord du Mont Tendre.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir suivi cette trajectoire, en témoigne une trace esseulée de raquettes. Il faut dire que le terrain est accidenté. Mieux vaut éviter de traverser le böccIl se pourrait bien que la neige recouvre une petite mare d’eau accumulée.

Pierre à Coutiau en vue…

Tiens, c’est la première fois que nous voyons cette plaque. Fritz Bühler n’est pas réellement le père de la REGA mais plutôt une personne ayant activement travaillé à sa réorganisation (mars 1960).

Nous passons Pierre à Coutiau.

Au loin, notre prochain objectif. Le point géodésique du Mont Tendre n’est pas encore visible.

Là encore, nous décidons de continuer notre progression en restant sur le versant nord. Ce qui nous amène à rejoindre le sentier du même versant nord.

Et nous conduit à la Cabane du Servan.

Cabane qui d’ailleurs a été baptisée Les Servans. Allez savoir…

Nous arrivons au Chalet de Yens.

De là deux possibilités s’offrent à nous : monter en dévers avec une pente (relativement) douce ou monter face à la pente (et là, c’est vraiment raide). Entre deux maux, nous choisissons le moindre, à savoir monter face à la pente. Si si, c’est le moindre mal !

Nous devons enlever nos raquettes sur la dernière centaine de mètres.

Nous voilà sur la crête !

Nous chaussons à nouveau les raquettes. Nous espérons pouvoir longer le mur.

Nos espoirs sont rapidement ramenés à la réalité. Le dévers est trop important. Nous terminons donc notre montée raquettes en main.

Nous ne restons que quelques minutes.

Nous commençons la descente par le flanc sud dont une partie nous semble bien enneigée.

Sur les traces du Yéti.

Un petit abri à bétail, juste en-dessous du Mont Tendre.

L’enneigement reste effectivement bon, grâce à une mini-crête qui coupe les effets du vent et du soleil.

Nous sommes maintenant dans un endroit que nous connaissons bien et que nous apprécions tout particulièrement à cause de ses arbres morts.

Celui-ci a vu des jours meilleurs.

Le Mont Tendre, depuis notre lieu de pique-nique, à proximité de ces arbres morts.

Lorsque nous repartons, Stefano me dit : nous avons deux heures pour rentrer à la voiture. Il ne faut pas traîner.

Nous restons sur le versant sud, plus pour la boucle que pour la neige. C’est alors que la trace de ski que nous suivons dévie vers le nord. Nous sommes à proximité de la Cabane du Rocher et sans nulle doute le skieur qui nous a précédé y est monté.

Bingo. Elle semble être faite de bric et de broc mais abrite tout un nécessaire de survie, y compris du bois prêt à être enfourné dans le poêle.

Nous arrivons au Sorcier.

A partir de là, nous louvoyons pour retrouver les installations de Pierre à Coutiau.

Nous sortons de la forêt.

Pierre à Coutiau que voilà d’ailleurs…

Non, il ne fait pas encore nuit…

De là, plus de boucle. Stefano a nettement accéléré le pas et je peine parfois à le suivre.

Les Monts de Bière Derrière. Ce matin le mur était encore tout mouillé des récentes pluies.

Dernière photo de la journée dans la dernière montée de la journée.

Nous arrivons à la voiture un peu avant 17h15. Nous sommes ravis de notre journée et surtout de nos chaussures. Même si vers la fin la plante des pieds commençaient à s’échauffer, ce qui est un symptôme assez courant, augmenté sans doute aujourd’hui par le fait que nous allions vite sur un terrain très inégal.

Les chiffres du jour

  • 5h45 de marche, avec une mini pause de 15 minutes pour le sandwitch
  • un poil plus que 15 km
  • 613 mètres de dénivelé positif
  • 1 litre de thé
  • 150% de bonheur

Autoportraits du jour

Aux Monts de Bière Derrière.

En arrivant sur la crête, en venant du Chalet de Yens.

Sur le toit du monde du Jura.

Références externes

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