Lag Serein

Nous avons bien cru que la pluie allait persister. Nous nous obstinons et notre obstination porte ses fruits. Le ciel se dégage durant notre montée vers le Lag Serein. Les pics sont impressionnants et le paysage hivernal. L’été se termine a peine mais la neige est arrivée cette nuit. Pour notre première randonnée dans les Grisons, nous sommes gâtés.

Voilà. Nous avons fini notre semaine d’errance en Suisse allemande et terminons par Disentis, ou, plus précisément Sumvitg, un petit village dans les GrisonsCristina et Luciano ont une maison de vacances qui, d’ailleurs, ressemble plus à un château qu’à une maison de vacances.

Hier, samedi, il a plu mais aujourd’hui était annoncé beau. A 6h, nous sommes debout pour un départ qui devait avoir lieu à 6h30 mais un peu retardé par la pluie qui persiste. Qu’importe. A 6h49, le départ est donné. Direction : Lag Serein.

Lorsque nous nous mettons en route, la pluie a cessé et le vent termine de déchirer les nuages. Nous commençons par suivre la route, ce qui me permet de chauffer mon moteur. Après un peu moins d’un km, les choses sérieuses commencent.

Le ciel est maintenant quasiment dégagé. La météo n’avait pas menti.

Le brouillard subsiste dans la vallée.

Au terme d’une montée assassine, menée par un sentier impitoyable face à la pente, nous arrivons à un alpage, Alp Crap Ner Sut. Le plus difficile, dans l’histoire, ne fut pas vraiment la montée (quoi que…) mais le fait que le sentier était bordé de myrtilliers lourdement chargés de fruits mûrs à point. Tentant de ne pas me laisser distancer, il me fut donc impossible de profiter de ce don de la nature. Grrrr, ces myrtilles m’ont narguée du début à la fin.

Les chevaux sont les premiers à nous accueillir.

Je suis sûre qu’il est en train de croquer des myrtilles, le vilain !

En montant au chalet. Stefano, bon prince, s’est laissé distancer. La tâche jaune et bleue c’est moi, l’autre c’est Cristina.

Le chalet de Alp Crap Ner Sut.

De là, nous suivons le sentier qui part sur la droite. Il suit le flanc de la montagne. Le brouillard va et vient.

Derrière nous, de l’autre côté de la vallée. Ces pics ont des noms très inhabituels pour nous, comme le Piz Mureaun,  le Piz Nadéls, …

D’où nous venons. La végétation qui borde le sentier nous rappelle la végétation trouvée en Norvège, myrtilles et camarines noires (Empetrum nigrum). Moins goûteuses que les myrtilles, elles sont plus faciles à ramasser. Il suffit d’emprisonner la tige avec les doigts et de remonter doucement. Les baies s’accumulent alors dans la main.

Au détour du sentier, des cimes enneigées apparaissent. Le sentier est détrempée et ça fait déjà un moment que je sens de l’eau dans mes chausseures. Mes chaussures sont plus faites pour les sentiers arides de l’ouest américain que pour ce type de terrain. Après une brève enquête, tout le monde est plus ou moins dans le même cas que moi. Le souci est donc ailleurs.

Les pare-avalanches.

Notre destination : Lag Serein. Nous sommes donc sur la bonne voie.

Ah, tiens, vous avez vu la neige ? Au sol ? Nous sommes un 26 août et à 1’973 mètres d’altitude.

Nous regrettons les gants. Dire qu’en début de semaine, nous étions encore en période de canicule. La croix, visible, au centre de la photo est à 2’096 mètres d’altitude.

En contrebas, l’Alp Dadens Sut.

Les sentiers suisses, et leur signalétique irréprochable. Tiens, j’ai une goutte d’eau sur mon objectif. Crap. Je ne m’en rends compte que maintenant, en insérant cette photo dans ce billet.

Cristina et LucianoLag Serein est quelque part au centre.

Quelques secondes plus tard, le ciel s’est ouvert.

Non, ce n’est pas Lag Serein. Mais nous nous en approchons.

Contraste. Depuis le début de la balade, nous nous extasions. C’est tellement différent de notre Jura bien-aimé.

Tadam ! Nous y sommes. Voilà Lag Serein.

Il est divisé en deux parties. Luciano et Cristina nous disent qu’au printemps, il ne forme qu’un tout.

Vu sous cet angle, le lac est à peine visible.

Des vaches errent, désorientées.

Certaines mêmes s’accrochent à nos pas, comme si elles espéraient que nous les sortions de cette mauvaise passe.

Nous croisons un groupe de randonneurs qui s’avère être en fait les habitants de l’alpage, comptant leurs bêtes. Eux aussi ont dû être surpris par le brusque changement de temps.

A la question de Luciano qui consiste à savoir si nous souhaitons rentrer en revenant sur nos pas ou en faisant une boucle, nous répondons en cœur : boucle ! Ce sera donc au prix de l’inconnu, car il n’y a pas de sentier.

A plusieurs reprises d’ailleurs, nous regretterons notre décision car l’herbe, recouverte de neige et parsemée des cailloux, est glissante et instable à souhait.

Lag Serein et le petit lac vu un peu avant. Sans oublier, mon Amour !

D’autres vaches nous suivent avec insistance.

Comment leur dire que nous ne pouvons rien pour elles ? Stefano s’approche et tente le coup. De guère lasse, celle-ci nous laisse partir…

C’est (presque) l’hiver.

Nous descendons à pas mesurés, faisant attention à toute glissade impromptue.

Nous voici à l’Alp Dado Sura.

3 petites cahutes qui se courent après, pleines de charme.

Quelques minutes plus tard, nous sommes l’Alp Dado Sut.

Mais que fait Mister Piggy ici ?

Linda prend la pose.

La beauté d’une vache est évaluée par 5 critères :

  1. les caractéristiques physiques générales (telles que la taille, la hauteur du sacrum, la profondeur des flancs, la largeur de la poitrine)
  2. la région du bassin qui doit être propice à la fécondité et au vêlage
  3. les membres, telles que les pattes qui doivent être ni trop droites ni trop cambrées
  4. les aspects du pis (il doit être aussi long que possible mais bien accroché au ventre, il doit également être large et haut placé afin d’exploiter la vache pendant 5 à 6 lactations)
  5. enfin, les trayons qui doivent être verticaux en plus d’être compatibles avec la trayeuse, soit d’une longueur de 5 à 6 cm avec 2,5 cm de diamètre.

Voilà. Nous attendons vos notes pour le spécimen qui suit.

Petit ruisseau devient grand… Il se jette effectivement dans le Rein Anteriur qui est la rivière qui a formé la vallée. Puis, de là, il ira alimenter un lac de Suisse pour terminer peut-être dans le .

Notre balade est presque finie. Il est presque 13h lorsque nous arrivons à la chapelle Saint Benedict, construite en 1988 par le célèbre architecte Peter Zumthor.

Un bar à sirop. Géniale, l’idée. Les sirops sont fabriqués ici, de manière artisanale.

Nous arrivons à l’ancienne chapelle, dévastée à de multiples reprises par les avalanches. Lasses de la reconstruire, les habitants du village l’ont laissée telle que et ont reconstruit une nouvelle chapelle (voir ci-dessus).

Même toute vieille et toute cassée, elle a un charme certain.

Nous arrivons à la maison à 13h17 pour mettre les pieds sous la table. Merci Melissa !

Nous sommes absolument enchantés de notre promenade. C’est un coin de Suisse qui ne demande qu’à être exploré. Certes, les pentes sont raides mais l’effort est largement récompensé par la magnificence des paysages. Nous sommes en plus invités à séjourner ici lorsque nous le souhaitons. Cristina et Luciano nous mettent à disposition le studio du rez-de-chaussée. Que demander de plus ? Rien. Life is great!

Itinéraire du jour

C’est ici et c’est chez Suisse Mobile.

Faune du jour

Linda, la vachette qui se lèche la morve.

Autoportraits du jour

Bon, celui-là, il est assisté. Merci Luciano.

Galerie d’images