Par le Creux de l’Enfer

Il ne pleut pas ce matin à Prangins. Le plafond nuageux nous semble assez haut pour avoir l’espoir de rester au-dessous et pas en plein dedans. C’est donc parti pour le col du Marchairuz où les parkings sont étrangement vides. Il fait froid, avec une couche de neige fraîche de 10 à 20 cm

11h15. Nous quittons Prangins pour le Col du Marchairuz. Nous n’espérons pas de soleil mais nous avons bon espoir de rester au-dessous des nuages.

Les pistes de ski de St-George sont ouvertes. C’est notre indicateur d’enneigement. Le parking du Sapin à Siméon est quasiment vide.

Le froid est vivifiant. Il ne fait pas plus de 0 degrés.

Le Chalet Neuf. Stefano me dit : nous sommes passés par là la semaine passée… Ah oui ? Je lui réponds, un sourire taquin aux lèvres ? Il sait  très bien ce que je pense : l’essentiel est d’être dehors et nous sommes loin de la monotonie de nos 3 parcs de Houston, arpentés sans relâche durant 5 ans, 1 à 2 fois par semaine.

Très vite, nous sortons des sentiers fréquentés pour laisser nos traces dans la neige fraîche.

Nous arrivons aux Monts de Bière Devant.  Pas un chat.

Vue sur le Lac Léman. Nous sommes pile à la bonne hauteur. Un peu plus haut et nous serions dans la mélasse.

Nous continuons vers le nord est.

Nous retrouvons nos traces de la semaine passées, qui nous aident à descendre de notre perchoir. La semaine dernière, nous avions dû revenir sur nos pas, car un petit décrochement d’un ou deux mètres nous avait obligé à trouver une alternative. C’est que là, la pente est raide et surtout il y a quelques petites barres rocheuses. Même si nos raquettes sont des raquettes tout terrain, il y a un degré limite de pente qu’elles ne peuvent pas supporter.

Nous sommes maintenant dans la forêt, tantôt laissant nos traces dans la neige fraîche, tantôt nous laissant guider par des vielles traces. Nous contournons les petites buttes, évitons les grands trous.

C’est mon profil de terrain préféré. Nous marchons ainsi au feeling jusqu’à ce que Stefano s’exclame : mais nous tournons en rond ! Pas faux. Le GPS confirme. Nous avons fait une belle boucle, tout près du Creux de l’Enfer. Moi je suis hilare car j’avais bien noté le changement de direction d’est à ouest. Stefano un peu moins car son idée d’objectif de balade tombe à l’eau. Il confirme : nous avons perdu une bonne demi-heure… Cependant, pas de quoi en faire un fromage ni nous gâcher la balade.

Nous repartons vers le nord-est, tout espoir d’aller jusqu’à la Cabane du Rocher néanmoins anéantis.

Joli petit arbre mort…

Nous somme en train de marcher en dévers lorsque Stefano s’arrête : son talon gauche s’est soudainement enfoncé dans la neige. Il a perdu une de ses cales. Nous passons quelques minutes à essayer de la retrouver, dans 20 cm de neige poudreuse et aussi légère que du sucre glace. Nous n’en retrouvons que la moitié : elle s’est cassée nette. Heureusement, la raquette est toujours utilisable, même si le fait de ne plus avoir le talon maintenu à l’horizontal est moins confortable.

Les stades de pétrification des sapins.

Une montée bien raide nous amène au Grand Cunay. L’idée de nous poser un moment pour le pique-nique s’évapore lorsque nous nous rendons compte que les lieux ont été pris d’assaut. Il y a au moins une cinquantaine de paires de raquettes et de bâtons entassés dans la neige. Nous entendons les conversations et les rires qui fusent. Non, ce n’est vraiment pas le bon endroit pour s’arrêter. Nous poussons alors jusqu’au petit couvert, au bas de la pente.

Je ne sais pas si c’est parce que nous nous sommes arrêtés mais l’air semble s’être brutalement refroidi. Stefano enfile ses gants et moi mes moufles (non non, on ne se moque pas !). Nous repartons en accélérant le pas, à la recherche d’une bonne montée pour nous réchauffer.

Montée qui nous amène au couvert du pré des Monts de Bière Derrière.

Avec mon buddy

Stefano s’interroge. Par où allons nous revenir à la voiture ? Il opte pour repasser pour les Monts de Bière Devant. Pourquoi pas, soyons fous !

Les voilà d’ailleurs…

La redescente vers la voiture se fait en grande partie sur des sentiers bien tracés, afin que la marche soit plus confortable pour Stefano. Sur la neige dure, les talons ne s’enfoncent pas. Nous croisons un jeune couple avec un chien qui semble terrorisé. Sa maîtresse le rassure et nous explique que c’est un tout jeune chien qui n’a jamais vu ni bâtons ni raquettes. Elle nous demande si elle peut les lui faire découvrir. Friandise en main, elle le fait renifler les raquettes et les bâtons. Rassuré, il accepte même une caresse de notre part.

Il fait -3° lorsque nous arrivons sur le parking désert.

Autoportraits du jour

Aux Monts de Bière Devant.

Au couvert, en contrebas du Grand Cunay.

 

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